Valse avec Bachir ***

23 août

valse_avec_bachir“Valse avec Bachir” est le 3ème long métrage du réalisateur israélien, Ari Folman. Néanmoins, il est le plus personnel de ses réalisations cinématographiques.

“Valse avec Bachir” est effectivement l’histoire personnelle d’Ari Folman et retrace sa quête de la “vérité”, pour recouvrer sa mémoire perdue.

Ari Folman y montre l’absurdité de la guerre: “J’ai réalisé Valse avec Bachir du point de vue d’un soldat quelconque, et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ca n’a rien à voir avec les films américains. (…). Juste des hommes très jeunes, n’allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d’oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps, ils n’y arrivent pas.”

On comprend sans difficultés pourquoi ce film a fait partie de la sélection officielle du 61e Festival de Cannes: ce film montre le problème fréquent que peuvent rencontrer les militaires après avoir affronter une guerre: l’oubli, l’impression que des parties de vie ont été effacées.

Ce que Freud appelait volontiers le refoulement, soit les souvenirs enfouis dans l’inconscient car trop dérangeants pour la conscience.

Justement, Ari Folman confie: “Les quatre années pendant lesquelles j’ai travaillé sur Valse avec Bachir ont provoqué en moi un violent bouleversement psychologique. J’ai découvert des choses très dures dans mon passé”.

J’ai beaucoup aimé ce film pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour une raison esthétique: après avoir été tourné en vidéo et monté comme un véritable film, Ari Folman a eu l’idée de le passer en film d’animation. Les images sont très belles, très parlantes.

De plus, “Valse avec Bachir” se situe entre la fiction et le documentaire car le personnage principal représente le réalisateur lui-même et les intervenants tout comme les témoignages sont authentiques.

Par ailleurs, je trouve ce film courageux, d’autant plus de la part d’un israélien. Assumer ses actes, les regarder droit devant …. même quand la culpabilité est là.

La dernière partie du film consacrée aux massacres du camp de réfugiés palestiniens au Liban, de Sabra et Chatila est d’autant plus forte. Ce massacre est le plus enfoui dans son inconscient et celui qui obsède le plus le personnage principal.

C’est là que la culpabilité grandit, car même si ces massacres ont été le fait des Phalangistes, il est clairement dit qu’Ariel Sharon a une grande part de responsabilité dans ce massacre.

Cette culpabilité, ces regrets, cette tristesse est à son apogée à la toute fin du docu-fiction, lorsque les dessins font place à des images d’archives: des femmes, survivantes à ce massacre, découvrent les décombres de leur campement, des enfants et des hommes morts…

Leurs cris, leurs larmes, leur désarroi.

Et moi, en pleurs.

One Response to “Valse avec Bachir ***”

  1. patack 05. oct, 2009 at 14 h 58 min #

    je rejoinds ton point de vue sur ce film,une vrai surprise(meme surprise qd j’ai vu persepolis) pour ma part je lui aurai filé la palme d-or à la place de « entre les murs » qui est bien mais ne mérite pas forcément ce prix!!!!!é

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