J’avais ces dernières mois la désagréable impression que le temps se jouait de moi: je ressentais à la fois que le temps passait à une vitesse fulgurante mais aussi le poids des jours loin de celui que j’aime. Et voilà… nous sommes aujourd’hui dimanche 23 mai et dans 12h je serai dans l’avion en direction d’Israël.
Dans moins de 12h, je laisserai ma mère et mon frère à l’aéroport, un poids au coeur, le ventre noué, les yeux prêts à déborder. Mëme si je rejoins l’homme de ma vie, même si je m’apprête à vivre dans mon pays, Israël, ce genre de décision n’est pas sans douleur. Surtout quand on est proche de sa famille comme je le suis. Rien n’est tout blanc ou tout noir, la vie est ponctuée de décisions qui entraînent des joies mais aussi de la tristesse. L’important est que la joie prenne le dessus sur la tristesse.
Et c’est le cas. Oui, parce que je rejoins l’homme qui va partager ma vie, parce que je vais vivre en Eretz, parce que je vais avoir le soleil toute l’année, parce que je ne connaitrai plus les têtes de cons du métro. Parce qu’aussi je m’écarterai à jamais de ce milieu qui m’a usée: la photographie. Parce que ces médisances et cette hypocrisie de certaines modèles et de certains photographes seront loin derrière moi. Parce que je les laisserai eux et leur petitesse d’esprit croupir dans leur médiocrité et s’atteler à une autre modèle qu’ils tenteront de salir, dans le but de se donner un tant soit peu d’importance.
Oui, tout ça sera derrière moi. Même si j’assume tout ce que j’ai fait, même si – en dépit des mauvaises choses que cela a engendré – je ne regrette rien de ce que j’ai fait, car tout cela a fait partie de moi. Parce que ça a forgé ma personnalité, parce que je me suis poussée dans mes retranchements, parce qu’aujourd’hui je connais mes limites. Parce qu’aujourd’hui je ne peux avoir de regrets.
Aujourd’hui, je me tourne vers une nouvelle vie, vers l’homme de ma vie, dans un nouveau pays, avec le métier que j’affectionne tant: le journalisme. Certains envieux diraient que je fuis, alors je leur répondrais tout simplement que j’ai la force et le courage de prendre un nouveau départ.
Beaucoup me manqueront, la distance avec ma chère et tendre maman, la personne la plus importante à mes yeux va être très douloureuse (et l’est déjà), les engueulades avec mon frère vont aussi me manquer (sur qui vais-je mettre mes nerfs?). Mes amis aussi vont me manquer.
Heureusement il y a facebook comme diraient beaucoup d’entre nous, mais on sait très bien quand on est lucide que facebook ne fait pas tout et que la distance joue des tours: on voit moins les gens, on partage moins de choses avec eux, et petit à petit on les oublie. Alors ce départ sera une façon aussi de voir qui sont mes vrais amis, ceux qui m’aiment vraiment au-delà de la distance physique.
Les minutes passent vite, trop vite, la pression est là. C’est fou comme parfois on a peur d’atteindre le bonheur! Mais j’irai les yeux fermés, la peur au ventre de quitter Mummy mais le coeur rempli d’amour pour Rudy, celui qui m’a compris depuis qu’il m’a vue.
Les amis, la famille, vous allez me manquer, vous me manquez déjà. Sachez que vous êtes les bienvenus si vous venez en Eretz. Pour la plupart d’entre vous, on se reverra si D’ veut, le 1er septembre pour la mairie et le henné.
A très vite, ne m’oubliez pas. Ce n’est pas moi qui vous oublierai.
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