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Le journalisme par Françoise Giroud

13 août

A l’heure où les médias sont de plus en plus critiqués, où la presse est davantage sous l’emprise des grands groupes financiers, où le métier de journaliste tend à perdre de sa valeur, je vous fais partager ma vision d’un livre paru il y a maintenant 9 ans.

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Il s’agit de conversations entre Martine de Rabaudy et Françoise Giroud. Inutile de présenter cette dernière, décédée en 2003. Martine de Rabaudy y interviewe la grande journaliste, écrivain et femme politique qu’a été Françoise Giroud.

Elle fut un personnage majeur et unique dans le journalisme français, notamment politique, alors que la presse écrite était à son apogée. Elle fut aux côtés de Pierre et Hélène Lazareff lors de la création de « Elle », puis aux côtés de Jean-Jacques Servan-Schreiber en fondant l’Express en 1953. Féministe dans l’âme, elle a été également Secrétaire d’Etat à la Condition féminine entre 1974 et 1976.

« Profession journaliste » est devenu un de mes livres cultes: parce qu’elle a été la femme qui a le plus marquée le journalisme à son apogée, parce qu’elle a marquée l’histoire du féminisme, parce qu’elle a côtoyé de nombreux hommes politiques tels que Mendès France ou Giscard d’Estaing, des philosophes comme Jean-Paul Sartre et des écrivains comme Camus et Malraux.

Mais surtout parce que c’est une journaliste, une vraie, qui s’est donnée corps et âme à ce métier de passion : elle confie même que durant toute sa carrière, il lui arrivait après un dîner de revenir au journal pour corriger un mot ! Pour François Giroud, l’écriture ne s’apprend pas mais se travaille : l’écriture est une disposition naturelle et qui par conséquent, ne peut s’enseigner mais en revanche doit « se travailler dur ».

Cette journaliste qui avait tendance spontanément à « écrire court » explique notamment que la France ne connaît plus de grands polémistes depuis Mauriac, et que le manque de passion  – non pas à la presse mais à la vie – a eu de fortes répercussions sur le métier de journaliste : il n’y a plus de « passions » comme celles que Giroud a pu connaître pendant la décolonisation, ou encore mai 68 ! Et l’Europe n’a jamais réussi à passionner les Français…

« Profession journaliste » : des conversations qui se lisent d’une traite et qui passionneront tous les journalistes qui vivent « là où bat le cœur du monde ».

Amanda Sthers et sa/ses terre(s) sainte(s)

4 août

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« Les terres saintes » est le 6ème livre d’Amanda Sthers mais le premier que j’ai lu. Ce n’est pas un hasard : les « synopsis » de ces précédents romans ne m’attiraient pas au point de vouloir me les emparer dès leurs sorties. Celui-ci en revanche m’a de suite attirée par son titre paradoxalement au pluriel mais aussi par sa quatrième de couverture.

« Les terres saintes » parle d’Harry Rosenmerck, juif ashkénaze vendant du porc en Israël dont le fils est homosexuel, dont la fille enchaîne les échecs amoureux à New York, et dont l’ex-femme est mourante.

Par ce roman épistolaire, Amanda Sthers nous expose de façon innovante les divergences des Israéliens sur la politique de l’Etat Hébreu,  une vision plus tolérante du judaïsme (et notamment des religieux envers ceux qui ne le sont pas), l’ambiance euphorisante voire pécheresse de Tel-Aviv, …   sur fond d’une histoire familiale – pas si atypique qu’on pourrait le croire – dont les membres s’aiment sans pour autant se le dire. Ou bien trop tard.

Le lièvre de Patagonie – Claude Lanzmann

22 juil

Un mois et demi que je n’ai pas écrit … Moi qui m’étais promis avant de partir d’alimenter régulièrement ce blog, on ne peut pas dire que je sois fière de moi. Il n’y a rien de pire que des promesses qu’on ne se tient pas à soi-même.

Alors je vais essayer de rattraper le temps perdu en vous faisant partager mes derniers kiffs culturels. Vous remarquerez que le cinéma ne sera plus prédominant étant donné que je ne comprend pas encore vraiment l’hébreu et voir un film en anglais me fait un peu peur… je ne suis pas bilingue !

Alors je me rabats sur… la littérature ! Lire a pour avantage d’entretenir notre imagination, et d’interpréter une histoire comme on le souhaite, nous – et non comme le voudrait le réalisateur ou le scénariste.

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Aujourd’hui, c’est du dernier roman de Claude Lanzmann dont je souhaite vous parler. Il trône dans ma bibliothèque depuis sa sortie en France,  j’ai commencé à le lire deux fois, mais j’ai abandonné car trop de travail préoccupait mon esprit et j’avais le sentiment qu’il fallait que je me consacre corps et âme à ce livre, aux « mémoires » de ce grand homme.

Sentiment que je confirme après l’avoir lu. On ne peut lire « Le lièvre de Patagonie » comme un  banal roman, on ne peut lire cette œuvre autobiographique par petits bouts dans le métro. Même le lire à la plage ne me satisfaisait pas ! Il me fallait m’étendre sur mon lit, le ventilateur à puissance maximale et une bouteille d’eau à portée de main (oui, ça serait bête de mourir de déshydratation…).

Je n’écrirai pas une biographie de 10000 signes sur le bonhomme, beaucoup de médias l’ont fait avant moi. Alors que lire ce pavé de 546 pages vous permettra d’approcher le Claude Lanzmann Résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale, Fervent Défenseur de l’Etat d’Israël et de son armée, Tsahal.

Le Claude Lanzmann réalisateur de Shoah, projet qui lui a coûté des années, de l’argent et de nombreux déboires,  dont il partage les anecdotes à la fois flippantes et amusantes (ses techniques ont été souvent à la fois folkloriques et dangereuses).

Mais aussi le Claude Lanzmann au quotidien : l’homme qui aime les femmes sans s’en cacher,  l’homme qui a vécu avec la grande féministe Simone de Beauvoir ; l’homme philosophe gorgé de culture et de savoirs, l’homme Militant. L’homme de Passion(s), le Journaliste persévérant, l’homme plein d’humour et de tendresse. Et enfin l’homme de 84 ans qui a la joie, la vitalité et l’entêtement d’un jeune homme de 20 ans.