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« 21 Grams », ou la question sur la memoire celullaire

29 juil

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on a pu me dire: « Quoi?! Tu n’as pas vu « 21 grams »? Mais il est énooooorme! »

Comme toute célibataire qui se respecte, le soir – quand je ne travaille pas – je m’ennuie. Sortir avec les amis, c’est sympa, mais pas tout le temps. Cuisiner pour éviter de penser, ça fait grossir et ça force à faire trop de sport. Alors pourquoi pas regarder un film? Et pourquoi pas se matter, la clim’ a fond, avant de dormir, ce film si extraordinaire: « 21Grams »..?

2& grammes

Que dire à part que j’ai trouvé ce film long, lent, parfois malsain, d’une tristesse infinie (toujours), décousu. Inarritu déconstruit et reconstruit son récit tout au long du film: ce qui voulait être un effet de style  m’a fatiguée et perturbée. Les acteurs sont tous très bons, Naomi Watts est certes extraordinaire mais je n’ai ressenti aucune empathie pour aucun des personnages. A aucun moment. Ce film est tout bonnement chiant.

Ne restons pas pour autant sur une note négative! Il y a quand même une idée dans ce film, en filigrane, plutôt intéressante. Je ne parle pas de l’idée qui a inspirée le titre du film, à savoir le fait qu’on perdrait 21 grammes à l’heure précise de notre mort. Idée, par ailleurs, pas du tout développée dans le film.

Non, ce film relève une question qu’on commence à évoquer depuis peu, même si l’idée en soi date depuis bien longtemps : la mémoire cellulaire. Il s’agit d’une théorie selon laquelle les cellules du corps humain renfermeraient des traces de nos personnalités, de nos goûts et même de notre passé. J’ai lu ici et là sur internet qu’une personne ayant subi une greffe révélait par la suite un comportement différent, aimait des aliments qu’elle détestait auparavant, par exemple Bizarrement, ces gouts, ce comportement étaient similaires à ceux du donneur. Je ne vais pas partir dans des explications métaphysiques, de ma bouche vous n’y comprendrez rien. Je vous invite donc à découvrir par vous même sur la toile ce qu’on peut dire sur la mémoire cellulaire.

Cette théorie pourrait expliquer ce lien entre Cristina (Naomi Watts) et Paul (Sean Penn): Pour rappel, Paul s’est fait greffé le coeur de l’ex mari de Cristina, après la mort violente de ce dernier. Paul finit par tomber éperdument amoureux de Cristina. Serait-ce parce qu’il a justement reçu le coeur du défunt mari? Ou bien parce que l’amour qu’ils se portent l’un l’autre est, par définition, de l’ordre de l’inexplicable? On ne sait pas, et à vrai dire, ce n’est pas le sujet du film.  Mais toujours est-il que cette théorie sur la « mémoire cellulaire » reste intéressante et une piste exploitable. Des thérapeutes proposent même de neutraliser, de soulager les mémoires et souffrances ancrées dans notre corps…

Et pourquoi pas « vivre sa vie »?

26 avr

C’est vrai! Pourquoi pas envoyer tout paître, se refaire entièrement, arrêter de faire un boulot qui nous emmerde, cesser de se coltiner des connards et connasses à longueur de journée, tout ça pour gagner du blé, payer son loyer, ses impôts, sa bouffe? Peut-être parce qu’on a une conscience, qui nous dit que ce n’est pas bien, qu’on n’est pas dans la norme… Eh bien, Romain Duris  (toujours aussi beau et sex) dans « L’homme qui voulait vivre sa vie », il en a rien à foutre de toutes ces conneries.

Romain-Duris-est-l-homme-qui-voulait-vivre-sa-vie

Avocat de profession, une femme infidèle, deux gosses… Et quand sa femme demande le divorce, paf! Il se barre, se fait passer pour mort et se tire à l’autre bout du monde. Pour vivre sa vie. Faire ce qui lui plait, ce qu’il a toujours voulu faire: être photographe. Ah, il en faut du cran pour faire ça! Mais du fric aussi, et surtout une bonne dose d’égoïsme pour renoncer à ses propres enfants …

Excepté cette forte marque d’égoïsme propre à la gent masculine, ce film m’a transportée, et donnée envie de partir. Loin. De voyager, de rencontrer d’autres personnes, de connaître d’autres cultures, d’admirer d’autres paysages… Et de photographier, bien sûr. De me remettre à mon moyen-format argentique, de faire moi-même mes propres tirages…

Mais cette histoire m’a aussi attristée, car elle n’est pas purement et simplement l’histoire d’un mec qui plaque tout pour « vivre sa vie »,  c’est aussi l’histoire d’un mec qui fuit. Qui fuit son échec amoureux, la tristesse qui l’envahit. Qui se fuit lui-même.

L’amour à l’espagnole

19 avr

N’avez vous pas remarque que les femmes sont folles d’amour pour Almodovar, tout du moins pour ses films, pour sa vision des femmes, pour sa sensibilité? N’avez-vous pas remarque aussi a quel point les hommes, eux, ne semblent pas intéressés par son art, quitte a le détester?

Un collègue, dernièrement, m’a dit: « Je déteste cet Almodovar, il me rend fou! Je ne comprends pas comment vous pouvez toutes l’aimer à ce point! Et ne me dis pas que je ne peux pas comprendre parce que je suis un homme, car lui aussi c’est un homme! Et ne me dis pas non plus que je n’ai aucune sensibilité! ». Inutile de chercher une raison, elle est évidente: les hommes en sont jaloux. Jaloux car ils n’ont pas cette capacité, eux, de voir en nous les Femmes, ce que Pedro réussit à voir et peut être même, à comprendre.

Je vous parle d’Almodovar car j’aime ses films pour ses histoires rocambolesques, pour ses sublimes actrices, pour l’accent chantant et sensuel de l’espagnol, pour les pleurs qu’il provoque en moi, pour les rires qu’il fait jaillir en moi. Et pour la musique qu’il nous offre, pour ses bandes originales qui me font frissonner… Alors pour ceux qui ne connaissent pas ou peu, ou mal, en voici quelques unes…

Enjoy!