Après le crocodile et les tortues, les écureuils… tristes.

6 juin

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Pour ceux qui ont lu, comme moi, « Les yeux jaunes des crocodiles » et « La valse lente des tortues », vous avez du vous jeter sur « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi », le dernier pavé, troisième roman de la trilogie de Katherine Pancol.

Pour ceux qui ont aimé, chéri les deux précédents opus, pour ceux qui prenaient plaisir à découvrir chacun des rebondissements de la vie de Joséphine, Hortense, Shirley, Gary ou encore Marcel Grobz et Josiane,  pour ceux qui étaient pressés et à la fois tristes d’avancer aussi vite dans le livre, pour ceux qui étaient absorbés par la vie de ces personnages tous proches de nous (ou au contraire, nous faisant penser à quelqu’un détestable de notre entourage)… Vous ne serez pas déçus.

Vous assisterez à l’évolution de Joséphine, au « Je t’aime moi non plus » de Hortense et Gary. A l’amourette de Zoé et Gaétan. Mais aussi aux magouilles d’Henriette, du piteux Chaval et du bébé Einstein qu’ont engendré Marcel et Josiane. Vous connaitrez la Shirley meurtrie et vous deviendrez incollables sur le beau Cary Grant !

On le lit, on le dévore, on sourit, on pleure, on s’énerve… Et on en redemande !

Savlanout…

4 juin

C’est un des premiers mots que j’ai appris en hébreu. Cela signifie «  patience ». Parce que oui, il faut s’armer de patience quand on arrive en Israël. Moi qui me plaignait des administrations françaises, je crois bien qu’en Israël elle n’est pas mieux. Si ce n’est pire. Les horaires des ministères, banques et de la poste changent quasiment tous les jours. Ils ne travaillent que le matin. Et parfois que l’après midi. Jamais une journée entière… c’est bien trop fatiguant.

Et encore, je ne suis pas à plaindre. J’ai fait l’alyah Tapis Rouge proposée par l’agence juive (oui, oui ! Il y avait même un tapis rouge à l’aéroport de Roissy. Minuscule mais là…). J’ai donc pu avoir ma carte d’identité israélienne le lendemain de mon arrivée, puis enregistrer mon compte en banque, m’inscrire à une des caisses maladie, etc.

Mercredi, je suis allée à la banque récupérer ma carte bleue Visa israélienne et m’inscrire pour mon compte en banque internet. J’ai du signer une vingtaine de pages et/ou paragraphes différents (auxquels je ne comprenais strictement rien évidemment). Puis, j’ai reçu mon container. Dans un piteux état, avec des choses manquantes, à valeur sentimentale. Les cartons où j’avais pris soin d’annoter « fragile » m’ont été rendus tout cabossés. Les déménageurs voulaient me refourguer deux gros meubles moches où mon nom étaient inscrit… mais qui ne m’appartenaient pas. « C’est cadeau ! », qu’il me sort. Quel sérieux, quel professionnalisme ! On a du les rappeler pour qu’ils viennent les récupérer sinon on héritait de deux meubles vieux et puants qui auraient encombrer notre 50 m².

Malgré tous ces désagréments, nous voici enfin installés. Les pieds et mains usés, trop fatigués pour parler, pour manger, ne serait ce que pour boire. Il ne manque (quasiment) rien.

Nous sommes jeudi, cela fait une semaine et demie que je suis arrivée en Eretz et j’ai l’impression d’y être déjà depuis un mois, tellement j’ai entrepris de choses en si peu de temps. Tellement aussi ma tendre maman me manque, mon frère aussi.

Aujourd’hui la préoccupation principale est le repas de shabbat. Que vais-je faire comme kémias ? Et comme plat ? Un autre crumble en dessert peut être ?

Ah oui ! Sans oublier ce cruel dilemme de la salle à trouver expressément pour notre mariage en Israël en octobre prochain. Les kibboutz exigent un nombre minimal de 300 personnes. Nous en sommes bien loin… Le rêve d’organiser trois jours de folie, d’enchainer le mariage avec le shabbat hatan tombe à l’eau. Le temps presse, les faire-parts doivent partir dans  maximum 10 jours.

Heureusement samedi est là pour que je puisse enfin… me reposer, au soleil, une citronnade bien fraîche à la main. Et me replonger dans un nouveau roman, qui je l’espère sera aussi attachant que le dernier Katherine Pancol (critique à venir).

JOUR J

23 mai

J’avais ces dernières mois la désagréable impression que le temps se jouait de moi: je ressentais à la fois que le temps passait à une vitesse fulgurante mais aussi le poids des jours loin de celui que j’aime.  Et voilà… nous sommes aujourd’hui dimanche 23 mai et dans 12h je serai dans l’avion en direction d’Israël.

Dans moins de 12h, je laisserai ma mère et mon frère à l’aéroport, un poids au coeur, le ventre noué, les yeux prêts à déborder. Mëme si je rejoins l’homme de ma vie, même si je m’apprête à vivre dans mon pays, Israël, ce genre de décision n’est pas sans douleur. Surtout quand on est proche de sa famille comme je le suis. Rien n’est tout blanc ou tout noir, la vie est ponctuée de décisions  qui entraînent des joies mais aussi de la tristesse. L’important est que la joie prenne le dessus sur la tristesse.

Et c’est le cas. Oui, parce que je rejoins l’homme qui va partager ma vie, parce que je vais vivre en Eretz, parce que je vais avoir le soleil toute l’année, parce que je ne connaitrai plus les têtes de cons du métro. Parce qu’aussi je m’écarterai à jamais de ce milieu qui m’a usée: la photographie. Parce que ces médisances et cette hypocrisie de certaines modèles et de certains photographes seront loin derrière moi. Parce que je les laisserai eux et leur petitesse d’esprit croupir dans leur médiocrité et s’atteler à une autre modèle qu’ils tenteront de salir, dans le but de se donner un tant soit peu d’importance.

Oui, tout ça sera derrière moi. Même si j’assume tout ce que j’ai fait, même si – en dépit des mauvaises choses que cela a engendré – je ne regrette rien de ce que j’ai fait, car tout cela a fait partie de moi. Parce que ça a forgé ma personnalité, parce que je me suis poussée dans mes retranchements, parce qu’aujourd’hui je connais mes limites. Parce qu’aujourd’hui je ne peux avoir de regrets.

Aujourd’hui, je me tourne vers une nouvelle vie, vers l’homme de ma vie, dans un nouveau pays, avec le métier que j’affectionne tant: le journalisme. Certains envieux diraient que je fuis, alors je leur répondrais tout simplement que j’ai la force et le courage de prendre un nouveau départ.

Beaucoup me manqueront, la distance avec ma chère et tendre maman, la personne la plus importante à mes yeux va être très douloureuse (et l’est déjà), les engueulades avec mon frère vont aussi me manquer (sur qui vais-je mettre mes nerfs?). Mes amis aussi vont me manquer.

Heureusement il y a facebook comme diraient beaucoup d’entre nous, mais on sait très bien quand on est lucide que facebook ne fait pas tout et que la distance joue des tours: on voit moins les gens, on partage moins de choses avec eux, et petit à petit on les oublie. Alors ce départ sera une façon aussi de voir qui sont mes vrais amis,  ceux qui m’aiment vraiment au-delà de la distance physique.

Les minutes passent vite, trop vite, la pression est là.  C’est fou comme parfois on a peur d’atteindre le bonheur! Mais j’irai les yeux fermés, la peur au ventre de quitter Mummy mais le coeur rempli d’amour pour Rudy, celui qui m’a compris depuis qu’il m’a vue.

Les amis, la famille, vous allez me manquer, vous me manquez déjà. Sachez que vous êtes les bienvenus si vous venez en Eretz. Pour la plupart d’entre vous, on se reverra si D’ veut,  le 1er septembre pour la mairie et le henné.

A très vite, ne m’oubliez pas. Ce n’est pas moi qui vous oublierai.